Avec plus de 300 000 françaises porteuses d’implants mammaires, l’augmentation mammaire reste l’une des interventions les plus pratiquées en chirurgie esthétique selon l’ISAPS.

Cependant, après l’affaire des implants PIP en 2010, les demandes d’implants mammaires par prothèses en gel de silicone sont en chute.

Parallèlement, la technique alternative qu’est l’augmentation mammaire par injections de graisse autologue, le lipofilling, fait l’objet de nouvelles demandes. Qu’en est-il aujourd’hui de cette autre solution ? Est-elle plus fiable que la pose d’implants mammaires ?

Le lipofilling

Le lipofilling, qui consiste à prélever la propre graisse de la patiente et à la réinjecter dans la poitrine, pose une autre problématique. Le même principe de précaution s’impose mais l’ANSM n’a pas encore tranché sur le sujet.

En revanche, la Société savante de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique a émis certaines recommandations, à savoir, pas de lipofilling après 35 ans et nécessité d’un suivi radiologique rigoureux avant et après les injections, afin de suivre l’évolution de cette graisse injectée dans le sein quant au dépistage du cancer du sein.

En outre, cette technique présente certaines limites, dont une quantité de graisse insuffisante, les candidates à une augmentation mammaire étant souvent menues, une absence de garantie de résultat, une partie des greffons ne prenant pas, et une augmentation limitée à une taille de bonnet, la quantité maximale de graisse injectée ne pouvant dépasser les 200 à 250 ml.

Retour sur l’augmentation mammaire par prothèses

Il devient donc évident que l’augmentation mammaire traditionnelle par prothèses reste, encore de nos jours, l’indication de choix, même si elle pêche par le manque de confiance suscité par l’affaire des PIP.

Il faut, cependant, souligner que les contrôles sanitaires se sont renforcés avec des normes de sécurité draconiennes de la part des organismes certificateurs et que l’affaire PIP a créé une véritable prise de conscience collective, tous les acteurs, qu’ils s’agisse de laboratoires, de chirurgiens ou d’organismes de santé, œuvrant de concert pour que cela ne se reproduise plus.
Tous les laboratoires certifiés offrent, aujourd’hui, des produits de qualité équivalente et la demande d’implants mammaires reprend, à l’heure actuelle, une pente ascendante.

Bien qu’étant de plus gros volume de nos jours, passant de 250 ml il y a dix ans à 350 ml en moyenne, les implants mammaires demandés restent de taille modérée et ne présentent pas de problèmes particuliers en terme de technique chirurgicale ou de complications postopératoires.
Il incombe aux chirurgiens de ne pas se plier au syndrome « Pamela Anderson » avec de  trop gros volumes car, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le profil de l’implant qui génère le naturel d’un résultat mais son volume. Plus l’implant est gros et moins le résultat est naturel !

La qualité des implants s’est améliorée avec un gel très cohésif assurant une sécurité en cas de  rupture, le gel étant contenu très longtemps dans la loge créée à cet effet.

De façon générale, une surveillance annuelle par échographie réalisée par des radiologues spécialisés peut permettre de rassurer les patientes qui, pour des raisons diverses, souhaitent différer leur changement d’implants.

Il est actuellement recommandé de remplacer les implants tous les dix ans car le taux de rupture augmente après 10 ans, quoique certains peuvent largement dépasser ce délai.

 

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